Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je hais les coeurs partagés ;
j'aime ta loi.
Toi, mon abri, mon bouclier !
j'espère en ta parole.
Écartez-vous de moi, méchants :
je garderai les volontés de mon Dieu.
Que ta promesse me soutienne, et je vivrai :
ne déçois pas mon attente.
Sois mon appui : je serai sauvé ;
j'ai toujours tes commandements devant les yeux.
Tu rejettes ceux qui fuient tes commandements :
leur ruse les égare.
Tu mets au rebut tous les impies de la terre ;
c'est pourquoi j'aime tes exigences.
Ma chair tremble de peur devant toi :
tes décisions m'inspirent la crainte.



Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Cet éloge de la loi occupe une place tout à fait à part dans le psautier. Ce n’est pas le triomphe du légalisme, de la casuistique, de l’art de se mettre en règle en négligeant “ce qui a le plus de poids dans la loi : la solidarité, la fidélité et la justice” (*). Loin de m’écraser, les commandements sur lesquels je m’appuie sont pour moi une promesse : “que ta promesse me soutienne”. C’est une promesse de vie ; “et je vivrai “. Il n’y a pas à avoir honte d’aimer le commandement de Jésus, “tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux“. Ce commandement, je l’aime !

Lui donner la priorité, “sans partage” (**), se sentir soutenu par Dieu dans un monde qui a de tout autres soucis que les commandements et la logique d’un amour sans limites, c’est prendre du recul. Du recul par rapport à un entourage où la méchanceté ne se reconnait aucune limite : “écartez-vous de moi, méchants” (***).

Cet amour de la loi comporte cependant un risque : rejeter hors du salut ceux qui rejettent Dieu, et entretenir des représentations de Dieu qui suscitent la crainte plutôt que l’amour. Or, “le parfait amour bannit la crainte” (****).



* Evangile selon Saint Matthieu 23,23
** verset 113
*** verset 15
**** Première Lettre de Jean 4,18