Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Rappelle-toi ta parole à ton serviteur,
celle dont tu fis mon espoir.
Elle est ma consolation dans mon épreuve :
ta promesse me fait vivre.
Des orgueilleux m'ont accablé de railleries,
je n'ai pas dévié de ta loi.
Je me rappelle tes décisions d'autrefois :
voilà ma consolation, Seigneur.
Face aux impies, la fureur me prend,
car ils abandonnent ta loi.
J'ai fait de tes commandements mon cantique
dans ma demeure d'étranger.
La nuit, je me rappelle ton nom
pour observer ta loi.
Ce qui me revient, Seigneur,
c'est de garder tes préceptes.



Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

MA CONSOLATION

Ta parole, mon Seigneur, m’a saisie par les cheveux un beau matin, m’a retenue, accrochée au ciel. Il faisait beau, le soleil de septembre réchauffait le jardin. Les fruits murs attendaient sur la table d’être réduits en confiture.
Il faisait bon. J’avais seize ans.
Ta parole, Jésus mon frère, m’a saisie au dedans du dedans,
« Gardez courage, moi j’ai vaincu le monde »
J’en fis ma route, mon étoile, mon phare.

La nuit, quand mon courage s’émiette en poudre fine que le vent disperse, je me rappelle cette nourriture solide que tu as déposée au fond de mes entrailles, dans ce jardin de commencement du monde: « Gardez courage ! »

Et monte alors la certitude que même si ma vie s’en va en poussière, dispersée par mon inconstance, même si ma mémoire oublie ce printemps de septembre, tu recueilles tout.

Tu sauves tout ce qui un tant soit peu a tenu bon, car ta mémoire à toi est plus grande que le monde et retient tout ce qui a été vivant dans nos vies.

Oui, j’ai vu de mes yeux tes merveilles. J’ai vu des hommes à terre, se relever par ta parole. J’ai vu des femmes en prison prosternées devant ta croix, sûres de trouver en toi un ami.

Ma consolation, Seigneur, cette sortie de la solitude, c’est de savoir que chaque souffle de notre haleine, chaque instant de notre oubli, tout est recueilli en tes mains ; chacune de nos larmes, et même ces larmes du dedans que nul ne voit, sont recueillies une après une dans tes outres, pour en faire un vin de fête. Rien n’est perdu.

« Courage, Gardez courage, moi j’ai vaincu le monde. »