Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Ta parole est la lumière de mes pas,
la lampe de ma route.
Je l'ai juré, je tiendrai mon serment,
j'observerai tes justes décisions.
J'ai vraiment trop souffert, Seigneur ;
fais-moi vivre selon ta parole.
Accepte en offrande ma prière, Seigneur :
apprends-moi tes décisions.


A tout instant j'expose ma vie :
je n'oublie rien de ta loi.
Des impies me tendent un piège :
je ne dévie pas de tes préceptes.
Tes exigences resteront mon héritage,
la joie de mon coeur.
Mon coeur incline à pratiquer tes commandements :
c'est à jamais ma récompense.


Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Exposer sa vie ? Mais n’est-ce pas là une pratique désormais terriblement répandue à travers réseaux sociaux et autres blogs ? Sans parler de la télévision à travers des émissions - parfois au goût douteux - où s’expose l’intimité des personnes, comme si elles étaient entre amis. Quoi de plus délicat pourtant, dangereux souvent, que d’exposer le fil de sa vie sans en mesurer les conséquences ? Les motivations de chacun sont plurielles, elles vont de retrouver la communication avec un proche, se sentir enfin écouter avec sympathie, à témoigner d’une cause et croire trouver une identité claire ; individus incertains que nous sommes devenus. Est-ce donc de cela dont il est question pour le priant ? Qu’est-ce qu’exposer sa vie devant son Seigneur ? Aucun voyeurisme ici. Aucune magie non plus. Juste l’expérience de pouvoir être soi, sans fard, sans faux-semblant.

Être soi, non pour soi-même, mais pour se tenir devant un autre. Sûr de sa bonne présence et de son appel à vivre avec liberté. Le Dieu auquel j’expose ma vie n’attend pas que je lui raconte tous mes secrets, plus ou moins avouables, ou mes doutes sans fond devant ce monde malade. Tout cela il le connaît. Non, exposer sa vie c’est juste la remettre. Mon cœur et mon esprit confessent que mon Dieu transforme le temps et ses circonstances en histoire sensée, habitée, inspirée. Oui, je peux exposer mes jours, dire ma fatigue, mes inquiétudes, mon désir. Croire que le Dieu de ma vie les reçoit, avec gravité et légèreté, sans se préoccuper de lui-même et de son image car c’est bénir qu’il veut. Ne pas menacer ma vie mais en croire le meilleur. L’envelopper de son courage à lui quand elle affronte la forte houle et le vent contraire.