Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Mon partage, Seigneur, je l'ai dit,
c'est d'observer tes paroles.
De tout mon coeur, je quête ton regard :
pitié pour moi selon tes promesses.
J'examine la voie que j'ai prise :
mes pas me ramènent à tes exigences.
Je me hâte, et ne tarde pas,
d'observer tes volontés.

Les pièges de l'impie m'environnent,
je n'oublie pas ta loi.
Au milieu de la nuit, je me lève et te rends grâce
pour tes justes décisions.
Je suis lié à tous ceux qui te craignent
et qui observent tes préceptes.
Ton amour, Seigneur, emplit la terre ;
apprends-moi tes commandements.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

« Au milieu de la nuit un cri s’est fait entendre : voici l’époux qui vient, venez à sa rencontre. » Cette parole de l’évangile de Matthieu (*) est reprise lors de la nuit de Pâques. Une nuit unique entre toutes, nuit des nuits, nuit plus grande que toute autre. Tout aboutit et tout s’initie en cette nuit. Tout est dit, donné. Tout semblait pourtant perdu : un homme juste, un homme qui a soulevé l’espoir pour des humbles, un homme qui a été aimé par des femmes et des hommes exclus de la vie de Dieu par les bien-pensants, cet homme-là a été livré, condamné, exécuté. Désespoir noir. Les ténèbres l’ont emporté. Comme aujourd’hui pour des douleurs sans fin dans le monde : de Lampedusa à la région du Kivu du Congo-Kinshasa ou de Damas à trop de visages anonymes de par le monde comme tout proches, aussi.

Pourtant, au milieu de la nuit, un cri s’est fait entendre. Car tout commence aussi. Car alors que tout semblait fini pour les amis de cet homme juste et bon, une autre enfance survient : la mort va être vaincue non par les armes, non par des légions d’anges, juste par l’amour fou du Père pour son fils comme pour nous. Un goût de vivre inédit s’offre, au cœur du réel. Au milieu de la nuit, un passage s’est ouvert - une Pâque - il ne se refermera pas. Il est là, une fois pour toutes. Chacun peut l’emprunter, à son pas. Pas d’impératif, mais une pressante invitation : se lever, se risquer dans la nuit. Car déjà le jour vient et il fait reculer les ombres de nos existences. C’est notre tombeau qui est brisé, notre nuit qui est visitée.




* Chapitre 25, verset 6