Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Ouvrez-moi les portes de justice :
j'entrerai, je rendrai grâce au Seigneur.
« C'est ici la porte du Seigneur :
qu'ils entrent, les justes ! »
Je te rends grâce car tu m'as exaucé :
tu es pour moi le salut.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !


Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !

Béni soit au nom du Seigneur
celui qui vient !
De la maison du Seigneur,
nous vous bénissons !

Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Rameaux en main, formez vos cortèges
jusqu'auprès de l'autel.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t'exalte !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !


Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Cette pierre, c’est saint Pierre ! (*). Les bâtisseurs d’une religion raisonnable auraient certainement choisi un autre homme pour construire une nouvelle religion. Ce type était presque illettré, un peu rustre, traître, peu enclin à prendre des décisions. Même après la Pentecôte, il faut que saint Paul l’asticote et le harcèle pour qu’il comprenne sa mission universelle (**). Et pourtant c’est lui, Saint Pierre, ce pauvre gars, que Jésus a choisi.
La pierre, c'est Saint Pierre. La pierre qu'on rejeté les bâtisseurs, c'est aussi le Christ, traité comme un malfaiteur, torturé comme un prisonnier de droit commun, abandonné à la foule vociférante et aux chiens, c’est lui le roi de l’univers sur qui reposent l’équilibre et la vie du monde.

Mais la pierre qu'on rejeté les bâtisseurs et qui est devenue la pierre d'angle, cette pierre, c'est aussi chacun de nous. Nous sommes les pierres vivantes de l’Église, dit dans une formule géniale la lettre de Pierre (***). C’est sur nous que l’Église compte pour supporter les plus faibles de la communauté. C’est sur nous que le monde compte, pour témoigner de la solide vérité du Salut.
La pierre d’angle que je suis ne trouve son assise que sur le roc des fondations. Ce roc, c’est le Christ. La pierre d’angle ne trouve son sens que dans le mur réalisé grâce aux autres pierres. Renouvelle, Seigneur, la force de ma confirmation pour que, cimenté à mes frères et accroché à Jésus, je porte le poids de l’édifice que tu construis chaque jour pour héberger tes amis.



* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, verset 18
** lettre de saint Paul aux Galates, chapitre 2, versets 11 à 14
*** lettre de saint Pierre, chapitre 2, verset 4