Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s'est montré le plus fort;
éternelle est la fidélité du Seigneur !



Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

« Envers nous », dit le psalmiste, mais qui est le « nous » qui parle ici ? Est-ce le « nous » d’un « Dieu avec nous » dressé comme un talisman contre les ennemis ? Le « nous » de l’Israël ancien, son roi, sa terre, son temple, nation en guerre contre les nations alentours ? Non, le peuple de celui qui dit « nous » a sans doute déjà été brisé par la guerre, l’expérience de l’Exil. Petit reste, peuple de survivants passés par la mort. Le Dieu dont le psalmiste célèbre l’amour a triomphé avec eux de la mort. Selon le Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort, c’est une flamme de Dieu » (*). Oui, seul l’amour de Dieu est fort comme la mort, plus fort que la mort. Et celui qui se découvre vivant, après être passé par le feu, ne peut plus vivre en adversaire, dans la prison d’un « nous » national. Le « nous » qui parle ici vaut pour tous les hommes.

Dans le contexte des quelques mots du plus bref des psaumes, ce « nous » se trouve associé à « tous les peuples » et « tous les pays ». Merveille alors que cette prière ! À une époque où chaque peuple, chaque pays possède son dieu ou ses dieux nationaux, voilà un homme qui porte la pensée rare que Celui dont la fidélité les a sauvés de la mort veille aussi sur tous les pays et les peuples. « Son amour envers nous s’est montré le plus fort. » Mais quelle est cette force, si elle n’a pu éviter la mort à ceux qui n’ont pas survécu ? Cette force éclate dans la prière du psalmiste. Ni haine, ni accusation, ni amertume, ni esprit partisan dans son âme. Seul un immense merci, un esprit de fête qui accueille tous les peuples. Prodige de l’amour de Dieu !



* Cantique des cantiques, chapitre 8, verset 6