Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je crois, et je parlerai,
moi qui ai beaucoup souffert,
moi qui ai dit dans mon trouble :
« L'homme n'est que mensonge. »

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu'il m'a fait ?
J'élèverai la coupe du salut,
j'invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple !

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
ton serviteur, le fils de ta servante,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,
j'invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple,
à l'entrée de là maison du Seigneur,
au milieu de Jérusalem !



Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Faut-il avoir de la réciprocité dans nos relations avec Dieu ? Que pourrions-nous donc lui rendre et de quelle manière ?

Ce psaume exprime la reconnaissance d'un homme dont Dieu a « brisé les chaînes » (*).
On ne sait rien de cette expérience, sinon qu'elle s'inscrit dans la suite d'interventions de Dieu semblables à la sortie d'Egypte : c'était un peuple tout entier qui avait été réduit en esclavage et Dieu « avait rompu ses chaînes » en le faisant sortir de la « maison de servitude ».

Cette délivrance avait été demandée dans la prière et elle était assortie de promesses au Seigneur, conformément à un schéma que se résume en une seule phrase : « invoque-moi au jour de détresse, je te délivrerai et tu me rendras gloire» (**)


On aurait pu attendre le mot « remerciement» « tu me remercieras », mais l'hébreu n'a pas de verbe « remercier » : on ne remercie pas mais on rend gloire à Dieu, On chante la louange de son nom , On invoque son nom en accompagnant souvent cette louange d'un sacrifice rituel, ici en élevant seulement une coupe en son honneur.

Quelle différence entre le remerciement et la louange du nom ? Le remerciement porte sur une chose : un cadeau, un acte et on est quitte une fois qu'on a dit « merci ». La louange porte sur la personne , sur le 'Nom' de celui qui nous a fait du bien.
Nous avons en français deux mots qui rendent compte de cette expérience de Dieu : la gratitude et la reconnaissance. Avec le temps, ce sont les sentiments qui ne passent pas : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres » (***). Elle « remplit le coeur » et le croyant a plaisir à se souvenir du Nom de celui qui lui a fait du bien.



* verset 16
** psaume 49,15
*** psaume 33, 2