Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Alléluia !

J'aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l'invoqueras

J'étais pris dans les filets de la mort,
retenu dans les liens de l'abîme,
j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ;
j'ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! »


Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
J'étais faible, il m'a sauvé.

Retrouve ton repos, mon âme,
car le Seigneur t'a fait du bien.
Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes yeux des larmes
et mes pieds du faux pas.

Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Mon Dieu,
Marcher en ta présence
J’aimerais tant que cela puisse dire ma vie.

Marcher, mon Dieu, c’est consentir à la lenteur, à la modestie. L’envers de la réussite, de l’efficacité ou de l’immédiateté, ces nouveaux dieux de nos sociétés.
Marcher est une respiration. Comme celle qui me fait murmurer, jusqu’au bout de la nuit : « Jésus, mon Seigneur et mon ami, prends pitié de moi, sauve-moi, moi qui te cherche et essaie de t’aimer. »

De la patience, toujours. Du courage, parfois. De l’effort, souvent. Marcher ne se fait pas tout seul. Pas sans le corps, avec ses fragilités, ses grincements au fil des ans, sa fatigue. Mais aussi avec la joie d’être là, d’habiter sa peau pour espérer t’approcher.

Marcher en ta présence sur la terre des vivants, c’est être peuplé par les visages des femmes et des hommes rencontrés, aimés ; par l’histoire des vivants. Car tu habites ce temps, avec nous. En faveur de nous.

Marcher en ta présence, c’est accueillir, recueillir la solitude nécessaire au labeur des pas, à celui de l’écoute du murmure de ta Parole. Une solitude qui offre de se défaire alors des masques, des rôles imposés, car ils n’ont d’utilité ici. Revenir au plaisir des choses premières, au ras de l’existence : le repos, le repas partagé, la rencontre, la lecture, la passion de chercher…

Marcher en ta présence, c’est retrouver le goût de l’horizon quand parfois, dans nos vies, tout paraît sans relief. L’horizon c’est alors désirer te ressembler – devenir vivant – à travers ton fils, lui, le Vivant qui a tant marché.