Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous,
mais à ton nom, donne la gloire,
pour ton amour et ta vérité.

Pourquoi les païens diraient-ils :
« Ou donc est leur Dieu ? »

Notre Dieu, il est au ciel ;
tout ce qu'il veut, il le fait.
Leurs idoles : or et argent,
ouvrages de mains humaines.

Elles ont une bouche et ne parlent pas,
des yeux et ne voient pas,
des oreilles et n'entendent pas,
des narines et ne sentent pas.

Leurs mains ne peuvent toucher,
leurs pieds ne peuvent marcher,
pas un son ne sort de leur gosier !

Qu'ils deviennent comme elles,
tous ceux qui les font,
ceux qui mettent leur foi en elles.


Israël, mets ta foi dans le Seigneur :
le secours, le bouclier, c'est lui !
Famille d'Aaron, mets ta foi dans le
Seigneur :
le secours, le bouclier, c'est lui !
Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur :
le secours, le bouclier. c'est lui !

Le Seigneur se souvient de nous : il bénira !
Il bénira la famille d'Israël,
il bénira la famille d'Aaron,
il bénira tous ceux qui craignent le Seigneur,
du plus grand au plus petit.

Que le Seigneur multiplie ses bienfaits
pour vous et vos enfants !
Soyez bénis par le Seigneur
qui a fait le ciel et la terre !
Le ciel, c'est le ciel du Seigneur ;
aux hommes, il a donné la terre.

Les morts ne louent pas le Seigneur,
ni ceux qui descendent au silence.
Nous, les vivants, bénissons le Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

IL BENIRA

Il n’y a qu’une alternative :
Ou bien nous servons des dieux muets, sourds, aphones et anosmiques, immobiles et anesthésiés.
Ou bien nous servons le vrai Dieu, qui parle, qui entend, qui sent, qui marche avec nous, et nous prend la main.

Comment savoir qui nous servons ? C’est assez simple : le serviteur finit par ressembler à son maître. Si nous devenons muets, sourds, aphones et anosmiques, anesthésiés et immobiles, c’est que nous avons oublié le vrai Dieu.
Et que nous sommes morts.
Car les morts ne louent pas le Seigneur.

Mais si nous bénissons le ciel, la terre, et ses habitants, et si nous disons du bien de ceux-là qui pourtant disent du mal de nous, oui, nous sommes vivants !
Il n’y a que toi Seigneur, qui nous apprennes ce langage, entendre, sentir, marcher avec toi, sans faiblir.


Ton langage, ô Dieu, qui crée en parlant, qui fait ce qu’il dit :
« Lève toi »,
« Va en paix »,
« Que la lumière soit »,
« Gardez courage, moi j’ai vaincu le monde »,
ce langage est le bouclier des vivants, le sol du monde, notre maison.

Oui, ton langage, ta parole, ton verbe, est notre maison, notre terre nourricière, notre potager.
Et nos mots peuvent devenir pour qui te cherche, le goût, le toucher, le nectar de nos fêtes et le parfum du petit matin.

Seigneur, apprends-nous à parler !
Apprends-nous à bénir !
Apprends-nous la présence, cette qualité d’être qui rehausse toute pâleur, et nous aide à renoncer aux idoles toutes mortes déjà avant même d’être nées.
Apprends-nous à te ressembler, toi qui es le Dieu des vivants !