Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Alléluia !

Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

Les richesses affluent dans sa maison
à jamais se maintiendra sa justice.
Lumière des coeurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.


Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le coeur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son coeur est confiant, il ne craint pas :
il verra ce que valaient ses oppresseurs.

A pleines mains, il donne au pauvre
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa Gloire !

L'impie le voit et s'irrite,
il grince des dents et se détruit.
L'ambition des impies se perdra.

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Comment le bonheur et la crainte peuvent-ils aller ensemble, sans se contredire l’un l’autre ? Ils le peuvent, mais seulement s’il s’agit d’une forme tout à fait unique de crainte, celle que l’on a pour Dieu. Éprouver la crainte du Seigneur, ce n’est pas avoir peur du châtiment de Dieu, c’est l’aimer d’un amour si profond, que profondeur et hauteur s’y rencontrent, proximité et respect y croissent ensemble. La crainte est donc un sentiment rare, à rechercher, à cultiver. Rien à voir avec cette autre crainte, qui empêche de vivre : la crainte devant l’avenir, la crainte d’un malheur qui pourrait arriver. Les deux formes de craintes s’opposent à tel point, que la première est une antidote au poison de l’autre. La crainte du Seigneur a pour vertu de chasser la crainte de ce qui pourrait arriver :

« Heureux qui craint le Seigneur », car « il ne craint pas l’annonce d’un malheur. » Autant dire que le psalmiste donne une direction à sa prière. Cap sur la crainte du Seigneur, elle seule saura le délivrer de la crainte qui paralyse sa vie, la crainte des malheurs qui pourraient lui arriver. Il sait, de plus, comment diriger sa vie dans cette direction, comment grandir dans la crainte du Seigneur et se libérer des craintes qui l’empêchent de vivre au présent. Car celui qui craint le Seigneur est un « homme de justice, de tendresse et de pitié. »

Le propos de vie parfaite que le psalmiste voit s’ouvrir à sa prière, Jésus l’a accompli pour nous, pour que nous en vivions.