Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Oracle du Seigneur à mon Seigneur :
« Siège à ma droite,
et je ferai de tes ennemis
le marchepied de ton trône. »

De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force :
« Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. »

Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté :
« Comme la rosée qui naît de l'aurore,
je t'ai engendré. »


Le Seigneur l'a juré
dans un serment irrévocable :
« Tu es prêtre à jamais
selon l'ordre du roi Melkisédek. »

A ta droite se tient le Seigneur :
il brise les rois au jour de sa colère.
[Il juge les nations : les cadavres s'entassent ;
il brise les chefs, loin sur la terre.]

Au torrent il s'abreuve en chemin,
c'est pourquoi il redresse la tête.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

« Tu es prince, éblouissant de sainteté. » « Roi de justice » comme Melkisédek, prêtre du vrai Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Job, qui donnera sa vie pour son peuple et pour son Dieu.
Oui, mon Dieu est un prince. Un prince comme aucun des princes de sang et de fortune ne lui ressemble. La rosée de l’aurore du Dieu vivant, l’a engendré.
Le Roi l’a fait prince de la paix, de la force d’aimer en vérité, de la justice ardemment poursuivie pour les oubliés. Un prince à la beauté incomparable : celle du visage tourné vers une brebis perdue pour tendrement la porter sur ses épaules et lui rendre la vie.
Il est un prince qui risque tout pour la royauté de son Père : le monde des hommes. De tous les hommes, quels qu’ils soient, quoi qu’ils aient fait et vécu, et de tous les temps.

Il n’a pas cherché à posséder le royaume promis par son Père, lui, assis pourtant à sa droite. Il délaisse les honneurs. Il est fou ou dangereux pour les sages et les puissants qui croient posséder le monde et ses richesses. Son univers à lui, ce sont toutes les périphéries de ce temps, ces lieux délaissés et meurtris par notre violence, notre barbarie, notre indifférence.
Jésus, tu caches ton visage de prince pour épouser la vie de celles et ceux qui tentent d’y survivre, d’aimer et d’espérer qu’un jour enfin la vie soit moins cruelle. C’est en habit d’humilité, de justice, d’amour infini que tu révèles ta véritable identité à leurs cœurs : tu es leur prince. Tout ton bien de prince, ta vie, ton intimité avec le Père, tu le dilapides, car tu le partages avec tous ceux qui désirent le recevoir en vérité.