Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Ainsi, celui qui m'accuse
oublie d'être fidèle :
il persécute un pauvre, un malheureux,
un homme blessé à mort.

Puisqu'il aime la malédiction,
qu'elle entre en lui ;
il refuse la bénédiction,
qu'elle s'éloigne de lui !

Il a revêtu comme un manteau la malédiction,
qu'elle entre en lui comme de l'eau,
comme de l'huile dans ses os !
Qu'elle soit l'étoffe qui l'habille,
la ceinture qui ne le quitte plus !

C'est ainsi que le Seigneur paiera mes accusateurs,
ceux qui profèrent le mal contre moi.
Mais toi, Seigneur Dieu,
agis pour moi à cause de ton nom.
Ton amour est fidèle : délivre-moi.

Vois, je suis pauvre et malheureux ;
au fond de moi, mon coeur est blessé.
Je m'en vais comme le jour qui décline,
comme l'insecte qu'on chasse.


J'ai tant jeûné que mes genoux se dérobent,
je suis amaigri, décharné.
Et moi, on me tourne en dérision,
ceux qui me voient hochent la tête.

Aide-moi, Seigneur mon Dieu :
sauve-moi par ton amour !
Ils connaîtront que là est ta main,
que toi, Seigneur, tu agis.

Ils maudissent, toi, tu bénis,
ils se sont dressés, ils sont humiliés :
ton serviteur est dans la joie.
Qu'ils soient couverts d'infamie, mes accusateurs,
et revêtus du manteau de la honte !

A pleine voix, je rendrai grâce au Seigneur,
je le louerai parmi la multitude,
car il se tient à la droite du pauvre
pour le sauver de ceux qui le condamnent.

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

MES ACCUSATEURS

Seigneur, ma force et mon secours,
il est autour de moi des personnes qui me veulent du mal,
qui me font du mal,
et qui m’accusent.

Toi mon Dieu, qui m’a tiré mille fois du caniveau où régulièrement je glisse,
tu connais ma pauvreté,
mais jamais tu ne m’accuses, et jamais tu ne m’accables.
Qu’importe ma faute, je suis comme le larron, cloué à ton côté
et je n’attends que toi, que ta voix, pour me tirer de là.

Ils se trompent, ceux qui accusent les fautifs au lieu de les relever.
Ils se trompent, ceux qui les écrasent au lieu de les retenir de tomber.
Ils se trompent, quand du surplomb de leur assurance, ils disent du mal des absents, sans jamais penser que nous sommes liés les uns aux autres, jamais complètement innocents des péchés de notre voisin de palier.


Mais voilà, j’ai glissé ce matin sur un mot de verglas.
Et je suis pauvre et malheureux.
Au fond de moi, mon cœur est blessé.
J’ai froid.

Le grand serpent de la Genèse, le gros dragon menteur et accusateur, le Satan bouge encore chaque fois qu’une accusation franchit nos lèvres.
Et qui sait si ce venin ne retarde pas d’autant l’accomplissement des jours du monde, le retour de l’agneau princier qui n’ouvre pas la bouche, si ce n’est pour bénir, et bénir encore, même ceux-là qui l’ont immolé ?

Délivre-nous Seigneur, des mots brûlants de venin.
Ne me laisse pas tomber entre les mains de mes accusateurs, car je pourrais devenir comme eux.
Prends-moi près de toi mon Seigneur, toi qui te tiens à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui le condamnent.