Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Mon coeur est prêt, mon Dieu,
je veux chanter, jouer des hymnes :
ô ma gloire !

Éveillez-vous, harpe, cithare,
que j'éveille l'aurore !

Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur,
et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !
Que tes bien-aimés soient libérés,
sauve-les par ta droite : réponds-nous !

Dans le sanctuaire, Dieu a parlé :
« Je triomphe ! Je partage Sichem,
je divise la vallée de Soukkôt.


« A moi Galaad, à moi Manassé !
Ephraïm est le casque de ma tête,
Juda, mon bâton de commandement.

« Moab est le bassin où je me lave ;
sur Édom, je pose le talon,
sur la Philistie, je crie victoire ! »

Qui me conduira dans la Ville-forte,
qui me mènera jusqu'en Édom,
sinon toi, Dieu qui nous rejettes
et ne sors plus avec nos armées ?

Porte-nous secours dans l'épreuve :
néant, le salut qui vient des hommes !
Avec Dieu nous ferons des prouesses,
et lui piétinera nos oppresseurs !

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Le monde est endormi. Ce n’est pas une nouvelle : il suffit de me voir hébété le matin, et d’imaginer ailleurs d’autres dormeurs semblables qui bailleront tout le jour. Bien sûr, on s’agitera, affairés, débordés, courant si nécessaire… mais au fond, mon cœur dort, personne qui le réveille.
Si au moins hier au soir j’étais allé danser. Si j’avais fait la fête toute la nuit durant ! Mon sommeil au matin pourrait bien s’expliquer. Mais je ne danse plus depuis fort longtemps. Ma vie s’est affadie dans un rythme banal.
Et qui parle de chants, d’instruments, et d’orchestre ? C’est Dieu ? Soyons honnête… ce n’est pas bien sérieux. C’est bien mieux : c’est tentant !
Il faut tendre l’oreille, pour entendre ce chant.

Les harpes les cithares, cachées au sanctuaire. Où est-il ce temple, où se joue le concert ? Où est-elle cette ville, d’où l’on chante victoire ? Y a-t-il encore des places pour le divin spectacle ? La musique viendra, tout droit de mon cœur même, ou encore d’un rire, ou d’un regard d’enfant. Elle viendra, cette danse, lorsque je chanterai, n’importe quelle victoire, fut-elle bien modeste : le pardon que j’ai eu la force de donner, l’amitié ou l’amour, et la fidélité. Et puis l’action de grâce, un chant pour remercier, car vivre est une chance. Transformer en musique tous les sons de ma vie ; transfigurer en danse tous mes pas vagabonds ; et faire du chaos où seul je m’endormais un concert incroyable, dissonant, bigarré. Le monde s’est endormi ? J’irai le réveiller !