Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Ils dédaignent une terre savoureuse,
ne voulant pas croire à sa parole ;
ils récriminent sous leurs tentes
sans écouter la voix du Seigneur.

Dieu lève la main contre eux,
jurant de les perdre au désert,
de perdre leurs descendants chez les païens,
de les éparpiller sur la terre.

Ils se donnent au Baal de Pégor,
ils communient aux repas des morts ;
ils irritent Dieu par toutes ces pratiques :
un désastre s'abat sur eux.

Mais Pinhas s'est levé en vengeur,
et le désastre s'arrête :
son action est tenue pour juste
d'âge en âge et pour toujours.

Ils provoquent Dieu aux eaux de Mériba,
ils amènent le malheur sur Moïse ;
comme ils résistaient à son esprit,
ses lèvres ont parlé à la légère.

Refusant de supprimer les peuples
que le Seigneur leur avait désignés,
ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d'agir.

Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c'est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.


Ils versent le sang innocent,
le sang leurs fils et de leurs filles
qu'ils sacrifient aux idoles de Canaan,
et la terre en est profanée.
De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.

Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur ;
il les livre aux mains des païens :
leurs ennemis deviennent leurs maîtres :
ils sont opprimés par l'adversaire :
sa main s'appesantit sur eux.

Tant de fois délivrés par Dieu,
ils s'obstinent dans leur idée,
ils s'enfoncent dans leur faute.
Et lui regarde leur détresse
quand il entend leurs cris.

Il se souvient de son alliance avec eux ;
dans son amour fidèle, il se ravise :
il leur donna de trouver grâce
devant ceux qui les tenaient captifs.

Sauve-nous, Seigneur notre Dieu,
rassemble-nous du milieu des païens,
que nous rendions grâce à ton saint nom,
fiers de chanter ta louange !

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
depuis toujours et pour la suite des temps !
Et tout le peuple dira :
Amen ! Amen !

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Le peuple d’Israël est dans le désert, errant à la recherche de la terre promise. Il a soif, près de Mériba. Il grogne, comme bien souvent. Pourtant Dieu lui a toujours procuré de l’eau, grâce au rocher de l’Horeb (*) qui marche avec lui. Mais son cœur est dur et doute chaque fois de la parole de son Seigneur. Il le met encore à l’épreuve.
Dieu est fatigué de cette attitude et laisse les siens au milieu de leurs idoles, de leurs Baals, qui ne parlent pas, ne sauvent, ne désaltèrent pas. « Vous ne m’avez pas cru », dit-il, plein de tristesse sans doute (**).
Mais voilà. Il est le Dieu vivant, lui. Son cœur ne s’était-il pas déchiré en entendant les cris de ce petit peuple qui pliait sous le joug des Égyptiens. À bras fort, il l’avait fait sortir.
Alors aujourd’hui, il ne peut oublier son amour. Aucune faute ne l’arrête, ni ne fait taire son cœur de père et de mère.
Il se rétracte, quitte sa colère et toute amertume. C’est Dieu qui revient pour sauver ces hommes qui rechignent à l’aimer. Il ne peut les laisser errer davantage. Il est leur Seigneur.
Il est notre Dieu et ne peut cesser d’aimer.
Nous aimons un Dieu qui se ravise. Non un dieu impassible qui regarderait méprisant nos fautes ou nos embardées. Mais un Dieu qui se retourne et laisse là le mal.
Il ouvre le chemin pour que revenir nous soit plus facile. Il est là à la porte.
Un Dieu au cœur d’homme. Jésus, qui sur la Croix se retourne vers le larron pour lui annoncer le salut : aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis (***).
Rien n’est jamais perdu pour Dieu. Laissons le revenir vers nous.



* Livre de l’Exode, chapître 17, verset 1 à 6
** Livre des nombres, chapître 20, verset 12
*** Êvangile selon saint Luc, chapître 23, verset 43