Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qui dira les hauts faits du Seigneur,
qui célébrera ses louanges ?
Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !

Souviens toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple ;
toi qui le sauves, visite-moi :
que je voie le bonheur de tes élus ;
que j'aie part à la joie de ton peuple,
à la fierté de ton héritage.

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
En Égypte, nos pères ont méconnu tes miracles,
oublié l'abondance de tes grâces
et résisté au bord de la mer Rouge.
Mais à cause de son nom, il les sauva,
pour que soit reconnue sa puissance.

Il menace la mer Rouge, elle sèche ;
il les mène à travers les eaux comme au désert.
Il les sauve des mains de l'oppresseur,
il les rachète aux mains de l'ennemi.

Et les eaux recouvrent leurs adversaires :
pas un d'entre eux n'en réchappe.
Alors ils croient à sa parole,
ils chantent sa louange.


Ils s'empressent d'oublier ce qu'il a fait,
sans attendre de connaître ses desseins.
Ils se livrent à leur convoitise dans le désert ;
là, ils mettent Dieu à l'épreuve :
et Dieu leur donne ce qu'ils ont réclamé,
mais ils trouvent ses dons dérisoires.

Dans le camp ils sont jaloux de Moise
et d'Aaron, le prêtre du Seigneur.
La terre s'ouvre : elle avale Datan,
elle recouvre la bande d'Abiron ;
un feu détruit cette bande,
les flammes dévorent ces méchants.

A l'Horeb ils fabriquent un veau,
ils adorent un objet en métal :
ils échangeaient ce qui était leur gloire
pour l'image d'un taureau, d'un ruminant.

Ils oublient le Dieu qui les sauve,
qui a fait des prodiges en Égypte,
des miracles au pays de Cham,
des actions terrifiantes sur la mer Rouge.

Dieu a décidé de les détruire.
C'est alors que Moïse, son élu,
surgit sur la brèche, devant lui,
pour empêcher que sa fureur les extermine.

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

NOS PERES

« Rien de nouveau sous le soleil ».
Décidément, nous ne faisons pas vraiment mieux que nos pères.
Il semblerait même que l’expérience de ceux qui nous précèdent ne serve à rien.

Ils avaient leurs chaînes et nous avons les nôtres. Ils n’aimaient guère la liberté toute neuve que Moïse leur avait ouverte en passant à travers l’eau de la mer, et le feu du désert. Ils regrettaient les oignons d’Égypte, et le petit gratin d’olives préparé par Myriam, arrosé de ce vin du Nil, vous savez bien, celui que l’on boit quand le soir tombe et que les enfants sont couchés.

Ils avaient leurs idoles et nous avons les nôtres. Une idole, c’est ce qui occupe le plus clair de notre temps, et ce qui nous préoccupe le plus souvent. C’est ce qui donne des réponses à nos questions, ne nous laisse pas dans l’inconnu.

Une idole, cela mobilise notre intelligence et notre argent. Mais au bout du compte ce n’est rien de plus qu’un veau, fut-il en or.

Nos pères sont les Égyptiens qui n’ont pas reconnu que tu voulais la liberté de ton peuple.
Nos pères sont les Hébreux qui ne supportaient pas de ne pas savoir où Moïse les emmenait.

Nos pères ne pouvaient rien nous transmettre, tant qu’ils n’étaient pas devenus des fils, qui se reçoivent de Toi, l’unique Père.
Il a fallu pour eux apprendre à naître fils.

Seul un fils peut nous apprendre à être fils.
Moïse, l’ancien meurtrier, fut pour Toi un fils.
Il trace le chemin où le Fils unique, un jour, posera ses pas, pour nous délivrer définitivement de nos idoles et de nos chaînes.