Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Alléluia !

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles ;
glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les coeurs qui cherchent Dieu !

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face ;
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu'il prononça,
vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.

Le Seigneur, c'est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l'univers.
Il s'est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :

promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac,
érigée en loi avec Jacob,
alliance éternelle pour Israël.
Il a dit : « Je vous donne le pays de Canaan,
ce sera votre part d'héritage. »


En ce temps-là, on pouvait les compter :
c'était une poignée d'immigrants ;
ils allaient de nation en nation,
d'un royaume vers un autre royaume.

Mais Dieu ne souffrait pas qu'on les opprime ;
à cause d'eux, il châtiait des rois :
« Ne touchez pas à qui m'est consacré,
ne maltraitez pas mes prophètes ! »

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu'au jour où s'accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu'il soit relâché ;
le maître des peuples, qu'il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens,
pour que les princes lui soient soumis,
et qu'il apprenne la sagesse aux anciens.

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Trop de place à l’église. Hier à la messe nous étions une poignée, migrants ballotés d’un clocher à l’autre, dimanche après dimanche, errant dans une paroisse grande comme un canton. Faudrait-il là-dedans rechercher Sa puissance ? Trouver Sa face dans ces visages vieillis au fond de nos chapelles ? Sur les doigts de la main, nous pourrions nous compter. Comptons-nous aujourd’hui pour ce Dieu de l’Alliance qui promit à nos Pères un si brillant avenir ? Nous voit-il, cette poignée, perdue dans cette nef ? Sommes-nous en sa poignée, serrés contre Son cœur ?
Esclaves, nous le sommes, d’un futur qui fait peur. Inquiets transits, mourant de ne croire en l’avenir. C’est fini, après nous qui veillera encore ?

Mais Jacob au désert, Lévi à sa table, et Marie à la Croix ? N’ont-ils pas eux aussi eu bien raison de dire : « C’en est fait, je suis mort, parce que Dieu meurt en moi. » Entravés par le doute, ferrés par l’abandon, captifs d’un avenir qu’ils n’espéraient même plus, ils furent les témoins de ce que Dieu peut faire quand l’homme est désarmé. Quand s’usera l’ultime stratégie sensée raccommoder la tunique trop vieille, quand nous aurons veillé jusque tard dans la nuit, en réunions futiles aux discours compliqués, quand rien ne tiendra plus qu’au miracle, à la grâce. Alors on pourra dire : Assez de souffrances, c’est le temps des prophètes ! Parce que l’homme ne peut rien, par Dieu tout est possible. Alors nous vivrons, car Il aura la place.