Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur
Tout cela, ta sagesse l'a fait ;
la terre s'emplit de tes biens.

Voici l'immensité de la mer,
son grouillement innombrable d'animaux grands et petits,
ses bateaux qui voyagent
et Léviathan que tu fis pour qu'il serve à tes jeux.

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu caches ton visage : ils s'épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés
tu renouvelles la face de la terre.


Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
Il regarde la terre : elle tremble
il touche les montagnes : elles brûlent.

Je veux chanter au Seigneur tant que je vis ;
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.
Que les pécheurs disparaissent de la terre !
Que les impies n'existent plus !

Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Alors que les menaces sur l’avenir de notre planète se font plus pressantes, la prière du psalmiste prend ici beaucoup de force. Son hymne rend gloire à la splendeur de la création. Faut-il alors comprendre le soupir qui arrive à la fin du psaume, après la louange, « Que les pécheurs disparaissent de la terre ! », comme une vision anticipatrice de ce péché dont l’univers biblique ne pouvait pas encore avoir idée : le péché de destruction de la biosphère, le péché écologique ? Ce serait bien sûr très anachronique et surtout sans rapport avec l’expérience qui fait se lever ici la louange. Cette expérience de voir monter en lui une louange devant l’excès de la puissance et de la beauté du monde, à la vision d’un ciel nocturne, lors d’une marche en pleine nature, par la découverte des prodiges du vivant, un croyant d’aujourd’hui la vit encore.

Elle ne puise pas sa force dans le souci pour l’avenir de la vie sur cette terre, aussi sensé, urgent et noble soit-il. Sa force, elle la puise dans une présence qui accompagne toujours notre vision du monde, mais qui ne se laisse observer ni au téléobjectif, ni au microscope. Elle est insaisissable et c’est pourquoi elle affole l’esprit et le met en crise. Cette présence ne se tient au repos que dans la prière, invisible mais bien là. Elle ne trouve son Nom que dans le souffle d’une louange. Le péché de l’homme enténèbre le monde, mais l’Esprit du Seigneur, l’Esprit de Sainteté est plus fort que le péché. Il renouvelle sans cesse la face de la terre !