Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Comme une tenture, tu déploies les cieux,
tu élèves dans leurs eaux tes demeures
des nuées, tu te fais un char,
tu t'avances sur les ailes du vent ;
tu prends les vents pour messagers,
pour serviteurs les flammes des éclairs.

Tu as donné son assise à la terre :
qu'elle reste inébranlable au cours des temps.
Tu l'as vêtue de l'abîme des mers :
les eaux couvraient même les montagnes ;
à ta menace, elles prennent la fuite,
effrayées par le tonnerre de ta voix.

Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées
vers le lieu que tu leur as préparé.
Tu leur imposes la limite à ne pas franchir :
qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l'eau chemine aux creux des montagnes ;
elle abreuve les bêtes des champs :
l'âne sauvage y calme sa soif ;
les oiseaux séjournent près d'elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.


De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres ;
tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l'homme qui travaille.

De la terre il tire son pain :
le vin qui réjouit le coeur de l'homme,
l'huile qui adoucit son visage,
et le pain qui fortifie le coeur de l'homme.

Les arbres du Seigneur se rassasient,
les cèdres qu'il a plantés au Liban ;
c'est là que vient nicher le passereau,
et la cigogne a sa maison dans les cyprès ;
aux chamois, les hautes montagnes,
aux marmottes, l'abri des rochers.

Tu fis la lune qui marque les temps
et le soleil qui connaît l'heure de son coucher.
Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :
les animaux dans la forêt s'éveillent ;
le lionceau rugit vers sa proie,
il réclame à Dieu sa nourriture.

Quand paraît le soleil, ils se retirent :
chacun gagne son repaire.
L'homme sort pour son ouvrage,
pour son travail, jusqu'au soir.

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Ce n’est pas seulement la tendresse du Christ pour le moindre des hommes qui nous parle de Dieu, c’est aussi la beauté du monde et la magnificence de la nature qui nous “disent” Dieu, qui nous disent une sagesse et une intelligence que nous n’avons jamais fini d’admirer. Nous sommes même capables d’aller à l’autre bout du monde pour en découvrir des beautés toujours nouvelles.
Ce n’est pas seulement le ciel et le mouvement des astres que célèbre ce psaume c’est beaucoup plus encore la richesse de la terre dès qu’elle est fécondée par les eaux, les eaux du ciel et par celles qui sortent de la terre, des sources et des fleuves. Des ânes sauvages et des oiseaux aux chamois et aux marmottes, tous ont leur part dans cette bonne et sage organisation du monde où l’homme cultive la terre et peut élever ses troupeaux.
L’ancien testament entretient la nostalgie d’un monde rural où chaque famille peut vivre en paix, chacun “sous sa vigne et sous son figuier, à condition que ce bonheur ne soit pas ruiné par les “désastres de la guerre” (*). La douceur de la fraternité (**) s’inscrit de manière naturelle dans l’horizon d’un monde que Dieu a revêtu de magnificence. Sa sollicitude ne se limite pas à l’homme, car elle s’étend à la nature toute entière, aux bêtes comme aux plantes.
Celui qui a créé ce monde avec une telle magnanimité est un Dieu écolo qui se réjouit de la formidable complémentarité de toutes les créatures entre elles. “L’ordre” que la société industrielle a voulu imposer à la nature est loin d’avoir la même “sagesse”.





* Livre de Michée, chapître 2, verset 8
** psaume 132