Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je chanterai justice et bonté :
à toi mes hymnes, Seigneur !
J'irai par le chemin le plus parfait ;
il quand viendras-tu jusqu'à moi ?

Je marcherai d'un coeur parfait
avec ceux de ma maison ;
je n'aurai pas même un regard
pour les pratiques démoniaques.

Je haïrai l'action du traître
qui n'aura sur moi nulle prise ;
loin de moi, le coeur tortueux !
Le méchant, je ne veux pas le connaître.

Qui dénigre en secret son prochain,
je le réduirai au silence ;
le regard hautain, le coeur ambitieux,
je ne peux les tolérer.


Mes yeux distinguent les hommes sûrs du pays :
ils siégeront à mes côtés ;
qui se conduira parfaitement,
celui-la me servira.

Pas de siège, parmi ceux de ma maison,
pour qui se livre à la fraude ;
impossible à qui profère le mensonge
de tenir sous mon regard.

Chaque matin, je réduirai au silence
tous les coupables du pays,
pour extirper de la ville du Seigneur
tous les auteurs de crimes.

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Une belle dame de Florence vient trouver saint Philippe Néri. Elle confesse son goût pour la médisance. Philippe lui dit : « Vous allez prendre une poule. Vous parcourrez les rues en la plumant et ensuite vous reviendrez me voir. » Philippe a la réputation d’être excentrique, mais aussi d’être un saint. En maugréant, la bourgeoise s’exécute, puis retourne auprès de Philippe. Le confesseur lui dit : « Maintenant vous retournez dans les rues et vous ramassez les plumes – Mais c’est impossible, elles se sont certainement envolées ! – Eh bien Madame, il en est de même pour vos médisances : vous les lancez en l’air et elles sont difficiles à rattraper. Vous avez médit sur votre voisine, votre belle-mère, votre collègue ; vous n’avez pas mesuré la portée de vos propos.

Ce sont des petits fauves lâchés dans les rues. Ils font des dégâts et quand on s’en rend compte, il est trop tard pour les faire rentrer en cage. »
Il nous faut la force de l’Esprit-Saint pour retenir les paroles mauvaises. Quand elles sortent de notre bouche, c’est trop tard. Le mal est fait. Le monde serait bien meilleur si nous arrêtions de juger, de dénigrer et de balancer. Dans sa première homélie, le pape François a fait remarquer : « Un peu de miséricorde changerait l’ambiance. » Ce miracle est à notre portée. Que l’Esprit mette une garde vigilante à notre bouche ! Notre cœur se dilatera et le venin de la médisance ne risquera pas d’empoisonner le monde.