Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Auprès du Seigneur j'ai mon refuge.
Comment pouvez-vous me dire :
oiseaux, fuyez à la montagne !

Voici que les méchants tendent l'arc :
ils ajustent leur flèche à la corde
pour viser dans l'ombre l'homme au coeur droit.

Quand sont ruinées les fondations,
que peut faire le juste ?

Mais le Seigneur, dans son temple saint,
le Seigneur, dans les cieux où il trône,
garde les yeux ouverts sur le monde.


Il voit, il scrute les hommes ;
le Seigneur a scruté le juste et le méchant :
l'ami de la violence, il le hait.

Il fera pleuvoir ses fléaux sur les méchants,
feu et soufre et vent de tempête ;
c'est la coupe qu'ils auront en partage.

Vraiment, le Seigneur est juste ;
il aime toute justice :
les hommes droits le verront face à face.

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Voici aujourd’hui le cri d’un peuple qui souffre, menacé. Quelqu’un « le vise dans l’ombre », pour tenter de l’abattre, de le réduire à nouveau en esclavage. Des menaces pour ce peuple qui se donne à d’autres dieux, et est « accro » aux idoles du moment : jeux de hasard ou numériques, spéculations, nomadismes affectifs ou religieux…
Quand le monde vit sur une répartition des richesses aussi injuste qu’elle est aujourd’hui, c’est la structure de nos sociétés qui nous met en situation de péché collectif. Les fondations sont elles-mêmes menacées. Sortir de cette situation paraît aussi difficile que de nier la vérité du constat. On en est là.

« Quand sont ruinées les fondations que peut faire le juste ? » La réponse est simple, il ne peut rien seul. Rien qui soit à la hauteur du défi. Il faut ainsi se confier au Seigneur, « Lui qui garde les yeux ouverts sur le monde ». Garder les yeux ouverts, ne pas se voiler la face. Ce serait bien que nous prenions modèle sur Dieu, nous qui pratiquons si souvent la politique de l’autruche. Mais, attention, l’œil de notre Dieu n’est pas l’œil qui poursuit Caïn jusque dans la tombe, ou l’œil du Grand Inquisiteur ou du gendarme cosmique. Non c’est l’œil du juste juge, qui « aime toute justice ».
Laissant à Dieu le soin de « faire pleuvoir ses fléaux sur les méchants », -ce qui dispense de toute vengeance personnelle -, les hommes droits peuvent alors espérer « voir Dieu face à face », Dans ce face à face, ils retrouveront enfin « l’image et à la ressemblance » de leur Dieu !